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25 janvier 2009

Parrêsia

« Noyau vivant. Foucault le rappelle d’emblée : la parrêsia « est d’abord une notion politique ». C’est le citoyen grec qui, sur l’agora, n’a pas peur de dire ce qu’il pense ; c’est l’ami qui vous dit ce que vous n’aimez pas entendre ; ou encore le conseiller qui se refuse à flatter le roi, au péril parfois de sa vie. Certes, il existe d’autres manières de « dire le vrai », comme la sagesse, la prophétie ou l’enseignement. Mais ce qui fait le propre de la parrêsia, c’est le danger qu’elle fait courir. C’est « le courage de la vérité », qu’on retrouvera dans diverses figures (le fou du roi, par exemple), mais qui, en tant que tel, en tant que parrêsia, a disparu. Foucault s’emploie à l’exhumer, en écouter palpiter le noyau vivant.

Noyau vivant car l’idée de « vie » est le fil rouge de tout le cours. Parce qu’elle est un acte, la parrêsia va provoquer des effets à la fois sur ceux à qui elle s’adresse et sur celui qui la pratique. Elle fâche, oui, mais elle est accès de chacun à sa propre vérité, donc à soi-même. Elle est « souci de soi ». Ce que Foucault montre ici, notamment par sa lecture de l’Apologie de Socrate, c’est que le souci de soi et le souci des autres sont l’avers et le revers d’une même exigence, qui est de conduire chacun à sa propre vérité, à lui-même. Pourquoi Socrate a-t-il dit le vrai aux Athéniens, au point de risquer la mort ? « Pour les inciter à s’occuper, non de leur fortune, non de leur réputation, non de leurs honneurs et de leurs charges, mais d’eux-mêmes, c’est-à-dire : de leur raison, de la vérité et de leur âme. Ils doivent s’occuper d’eux-mêmes. Cette définition est capitale. » »

Heurt de vérité

20 novembre 2008

Autonome

Pourquoi ne pas faire de la politique dans des mouvements légaux ?

Le fait de s’organiser en dehors des structures légales est une question de cohérence révolutionnaire : c’est l’idée que la révolution ne peut se faire à l’intérieur d’un cadre légal. Si un révolutionnaire authentique était élu Président de la république, en admettant qu’il veuille sincèrement mettre fin au système capitaliste, je pense qu’il serait renversé par un coup d’Etat militaire.


Êtes -vous hostiles à la démocratie parlementaire ?

Les lois ne sont pas faites pour défendre l’intérêt général. Elles sont faites pour défendre les intérêts de la bourgeoisie. Comme ces lois ne peuvent être changées par un processus légal, on ne peut les changer que par un rapport de forces. Or, ce rapport de forces est nécessairement illégal. Il n’existe pas dans l’histoire d’exemple de révolution qui se soit faite en respectant un processus légal. Pour ces raisons, le mouvement autonome est contre la démocratie représentative car il la considère comme une dictature. De mon point de vue, la seule véritable démocratie c’est celle que pratique le mouvement social : c’est la démocratie directe des assemblées générales.

Entretien avec Sébastien Schifres.

17 novembre 2008

Que faire du parti socialiste ?

8-rili.jpg Le Parti socialiste a en effet développé une sorte d’aveuglément et de cécité, une sorte d’immunité à la critique, tant interne qu’externe, aussi pondérée soit-elle. Lui font défaut aujourd’hui les mécanismes qui lui permettraient de « dérailler », de sortir des rails de la logique néolibérale en se mettant à l’écoute de ses militants, du reste de la gauche, des mouvements sociaux et de la critique sociale - en se mettant à l’écoute de la réalité.


Jérome Vidal, Que faire du parti socialiste ?

Le n°8 de la Revue internationale des livres et des idées est sortie.

16 novembre 2008

Relocalisation

Ce n’est pas en changeant nos consommations que nous pouvons construire une alternative, ni en faisant de la morale, mais en changeant notre mode de production qui détermine nos modes de consommation. L’alternative à la globalisation financière n’est pas une globalisation politique immédiate mais une reterritorialisation du tissus économique et de la démocratie. S’il faut améliorer les régulations internationales, l’alternative à la globalisation est ici et maintenant la relocalisation de l’économie, ce que j’appelle le développement local et humain mais qu’on peut appeler aussi le développement rural, ce qui n’est pas exclure les villes mais vouloir les déconcentrer, les décongestionner en s’écartant du modèle industriel.

Il faut bien comprendre qu’on ne peut attendre une alternative globale, un changement par le haut, non seulement parce que les conditions politiques en sont introuvables mais surtout parce qu’il faut changer de mode de production et pas seulement l’améliorer à la marge. La construction d’un nouveau mode de production ne peut être immédiat, réalisé sur ordre politique, mais doit être inévitablement lente et progressive, croissant et se développant au sein de l’ancien mode de production à partir d’initiatives locales. Ce n’est pas la seule raison. Si notre but est bien de réinsérer l’économie dans le social, ne pas dépendre de marchés financiers lointains mais pouvoir organiser sa vie, c’est une économie territorialisée qu’il faut reconstituer, municipalisée ou régionalisée comme autrefois on nationalisait. L’économie plurielle doit refaire coexister économie publique et privée. La nation n’est plus le niveau pertinent d’organisation économique, un même pays abrite des régions défavorisées et des “régions qui gagnent”. Pour éviter une “délocalisation” d’une région à l’autre il faut s’ancrer dans un territoire régional. Loin d’être une utopie le développement local est déjà la source principale de richesses. Il faut en faire une véritable alternative à la globalisation marchande et au capitalisme qui commence pour Braudel avec l’éloignement des financiers, leur déterritorialisation. Ce que nous devons construire, c’est une économie insérée dans son environnement, à taille humaine et constituée de rapports de face à face, une économie du territoire et donc une économie rurale. Ces alternatives locales ne viendront pas d’ailleurs, c’est à nous de les inventer maintenant. Les difficultés à vaincre sont locales.

Jean Zin, Alternatives locales à la globalisation marchande

30 mars 2008

Diké, un portail de philosophie politique et éthique

Le portail de Diké a avant tout l’ambition de devenir l’outil de travail de référence de l’étudiant francophone de Philosophie politique et éthique. Il a été crée par des étudiants de Philosophie politique et s’adresse à leurs pairs. Mais son rôle ne s’arrête pas là : il a aussi vocation à offrir aux jeunes chercheurs un espace d’échange, (ouvert sur l’actualité internationale) et une tribune où ils pourront s’exprimer librement en partageant leurs recherches et leurs travaux.

Diké : Le Portail de Philosophie Politique et Ethique - Accueil

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